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Vêtement Connecté et Textile Intelligent : Le Guide 2018

vetement connecté déperlant imperméable

Depuis 1960, le marché des textiles techniques a crû cinq fois plus vite que le marché du textile traditionnel. En 2000, ce marché consommait près d’un quart de la production mondiale de fibres, et aujourd’hui il en consomme un tiers. La dynamique du secteur des textiles techniques est en continuelle croissance, particulièrement en France, qui représente près de la moitié de l’industrie textile et qui se place au deuxième rang européen derrière l’Allemagne.

Le XXIe siècle sera alors celui des textiles dits « intelligents », capables de protéger, de soigner, de faciliter la vie de diverses façons. Cette quête de toujours proposer les nouvelles fibres hautes performances motive des partenariats entre des entreprises à fort potentiel technologique et des experts en fibres.

La fibre de l’innovation connectée

Elément indispensable de notre quotidien, protecteur et vecteur d’image, le vêtement revêt dorénavant une fonction supplémentaire, plus technologique.

La révolution des objets connectés est maintenant devenue courante depuis quelques années. Des fabricants de vêtements de travail développent, par le biais de textiles intelligents, des vêtements connectés. On peut facilement imaginer différents cas concrets d’utilisation de cette intelligence connecté sur lesquels des entreprises travaillent déjà :

  • Un vêtement professionnel capable de mesurer la pénibilité au travail avec les données de posture de l’employé (maintien des bras au-dessus des épaules, position à genoux, …)
    • Cette innovation du textile permet de répondre à une obligation de prévention de la pénibilité au travail (Décret n° 2015-1888 du 30 décembre 2015)
  • Un vêtement intelligent capable de purifier l’air ambiant en combinant un textile doux avec du béton comme c’est le cas de la robe « Herself ».
  • Des vêtements de travail avec une meilleure visibilité notamment grâce à la photoluminescence (capables de stocker la lumière et de la diffuser pendant un certain temps). Ce traitement rendrait « les tissus visibles la nuit pendant au moins huit heures » après qu’ils ont été en contact avec une source lumineuse.
  • Une tenue anti-bactérienne, auto-nettoyante ou encore anti-UV, donc globalement plus performants, notamment au niveau de l’hygiène et de la sécurité. Dans le secteur de la santé, il est possible d’imaginer des vêtements médicaux équipés de nano-fibres protégeant l’employé ou le patient contre les bactéries.
  • Un vêtement connecté communiquant des informations corporelles à leur environnement pour prévenir des risques tels que :
    • Un pompier pourra être informé par sa tenue anti-feu que sa situation est trop dangereuse.
    • Un grutier, perché à plusieurs dizaines de mètre du sol, pourra vérifier son état de fatigue et s’arrêter lorsqu’il y aura un danger d’inattention.
    • Un vêtement avec chauffage central intégré utilisé pour les activités de sports d’hiver (t-shirt connecté, collants, chaussettes, pantalons, gants chauffants)
    • Mais aussi contrôler le stress lors d’interventions à hauts risques, détecter des signes de déshydratation, aider au maintien d’un dos droit et corriger les postures

La fibre du vêtement de travail

D’une part les vêtements doivent faire preuve de solidité, de résistance et de facilité d’entretien. De l’autre, ils doivent être souples, le tissu léger et les lignes modernes. Loin de l’esprit « bleu de travail », les fabricants apprennent à cultiver la solidité du tissu, sans pour autant lui laisser son aspect classique rigide. Nos fabricants Muzelle Dulac Hasson et Molinel alignent des tenues fonctionnelles et pratiques, tout en leur permettant de se rapprocher de l’apparence du prêt-à-porter.

Il y a peu, des fibres de plus en plus respectueuses de l’environnement son arrivées de sorte à se conformer à l’engagement de chacun pour le développement durable auprès des salariés et des clients. Le coton bio et les polyesters recyclés sont parmi les tissus majoritaires. Découvrez par exemple en commerce équitable des tenues de travail hautes visibilités et sans métal avec la gamme Procouleur (ici en gris – rouge empire) :

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Les non-tissés, un nouveau textile intelligent

Le non-tissé est « une feuille manufacturée, constituée de voile ou de nappe de fibres orientées directionnellement ou au hasard, liées par friction, par cohésion, ou par adhésion ». Source Wikipédia

Voici différents textiles non-tissés pour différentes fonctions :

Les géotextiles

Les géotextiles non tissés servent dans les travaux routiers, les travaux de construction, les terrassements, les systèmes de drainage et de filtration et les travaux hydrauliques par exemple.

Les fonctions des géotextiles sont la séparation, la filtration, le drainage, la protection, le renforcement et la réduction des contraintes.

 

Les agrotextiles

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Depuis fort longtemps les textiles ont été employés dans l’agriculture. Les agrotextiles sont utilisés pour l’irrigation, avec les textiles collecteurs d’eau, véritables capteurs de gouttelettes récupérant la vapeur d’eau pour l’arrosage des plantations dans les pays chauds. Ils servent à la protection contre les oiseaux, les insectes et ils permettent de réduire l’utilisation de pesticides. Ils sont aussi utilisés pour les voiles d’hivernages par exemple.

 

Les non-tissés pour l’habitat

textile intelligent non tissés

Avec les contraintes liées au développement durable, les nouvelles normes dans l’habitation incitent les propriétaires à réaliser les travaux pour améliorer l’isolation thermique des murs et des toitures, mais aussi pour récupérer les eaux de pluie via des systèmes drainants. Les non-tissés, grâce à leur forte capillarité, leur coût de revient et leur vitesse de production, se prêtent particulièrement ce domaine :

  • Construction (isolation thermique, isolation et absorption phonique…)
  • Absorption des chocs ( les non-tissés sont amenés à remplacer les mousses polyuréthanes car leur mise en œuvre est moins toxique et polluante )
  • Filtration (filtres industriels, sacs aspirateurs…)

 

L’innovation du textile continue : la texturgie

textile innovant texturgie supra textile

La texturgie correspond à la combinaison de textures, de textiles et de technologie afin de créer des supra-textiles.

Il s’agit d’une matière intelligente capable de communiquer au sein de son réseau de micro-canaux de fibres pour détecter une défaillance de la structure et la renforcer (auto-réparable).

Des travaux existent déjà sur des vêtements et accessoires (lunettes, casques…) équipés en réalité augmentée. L’un des enjeux sera alors de stocker ou de trouver l’énergie nécessaire à cette intelligence artificielle. Des entreprises étudient par exemple la récupération d’énergie à l’échelle de la chaussure l’énergie émise lors de la marche à pied. Après le smartphone, voici venir le « smart textile »…

 

Ces vêtements du futur ont-ils des aspects négatifs ?

Ces vêtements dits intelligents permettent aujourd’hui de vous donner votre rythme cardiaque, votre vitesse, les  calories que vous avez brûlées ou encore un jean connecté qui vous indique le chemin.

On trouve encore des t-shirts connectés hydratants qui contrôlent l’évaporation de la peau pour maintenir un bon taux d’hydratation. Ou encore des chaussettes anti-odeur qui subissent un traitement permettant de détruire les bactéries à l’origine des odeurs. Cependant ces efficacités sont difficiles à vérifier.

Le traitement Teflon par exemple est utilisé par beaucoup de fabricant de par les propriétés qu’il donne aux vêtements : il imperméabilise et procure une fonction déperlante et anti-taches. Attention toutefois, car le teflon est volatile selon Greenpeace et les molécules s’évapore dans l’atmosphère. On en retrouverait donc des traces partout sur la planète.

textile intelligent vetement connecté

Comme vous l’aurez compris, l’assimilation des nouvelles technologies et des fibres améliore certaines fonctions cruciales comme la conductivité, l’action antibactérienne, la résistance au feu. Dans ces cas-là, on parle alors de nano-fibres mais il reste encore de nombreux freins à leur production et notamment leur incidence écologique pour le moment trop élevé. Le travail continue en adoptant cette nouvelle façon de penser la matière, une matière « augmentée ».